Upcoming

La Marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir

Claude Gellée dit Le Lorrain, Joseph Vernet, Théodore Gudin, Antoine-Léon de Morel‑Fatio, Édouard Manet, Félix Ziem, Paul Signac, Albert Marquet, Mathurin Méheut, Marin‑Marie, Jacques Callot, Matthijs Van Plattenberg, Francesco Maria Borzone, Jan Karel Donatus van Beecq, Charles Le Brun, Pierre Mignard, Jean-Baptiste de La Rose, Pascal, Pierre Puget, Jean Bérain, Adrien Manglard, Ozanne, Jean-François Hue, René Théodore Berthon, Jean-François Millet, Louis-Philippe Crépin, Mathieu Ignace Van Brée, Théodore Géricault, Pierre-Julien Gilbert, Ambroise Louis Garneray, Eugène Isabey, Paul Huet, John Constable, Richard Parkes Bonington, William Turner, Jean-Baptiste Durand‑Brager, PierreÉmile de Crisenoy, Gustave Courbet, Léon Couturier, François Nardi, Charles Fouqueray, Lucien Simon, Eugène-Louis Gillot, André Lhote

May 13 – Aug 2

Musée national de la Marine de Paris
Museum

Musée national de la Marine de Paris

17 Place du Trocadéro, Paris, Paris 75016

Wed–Mon 11am–7pm, 1st Thu of month until 10pm

Admission

🎁

Free Admission

About

Du 13 mai au 2 août 2026, le musée national de la Marine à Paris présente "La Marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir". À l’occasion des 400 ans de la Marine, l’exposition explore, à travers près de 150 œuvres, les liens entre création artistique, pouvoir et imaginaire maritime du XVIIe au XXe siècle. Dans le cadre de l’anniversaire des 400 ans de la Marine en 2026, le musée national de la Marine invite à poser un nouveau regard sur les peintres du XVIIe au XXe siècle qui ont été les témoins de l’évolution du monde maritime et de la conquête des mers. Ce sujet méconnu du grand public, encore peu voire jamais abordé, est traité de manière chronologique à travers près de 150 peintures et plus de 90 artistes. La scénographie se déploie depuis l’essor de la Marine sous Louis XIII jusqu’aux visions modernes du siècle dernier, en assumant des accrochages denses et de grands formats immersifs. À partir du XVIIe siècle, l’affirmation du pouvoir souverain se manifeste aussi à travers les arts. Alors que la spécificité du genre de la peinture de marine, rattaché au paysage, insuffle une nouvelle perception de la mer, des navires et des milieux maritimes, des peintres sont mobilisés à travers les époques pour magnifier les images de la Marine et de l’univers marin : Claude Gellée dit Le Lorrain, Joseph Vernet, Théodore Gudin, Antoine-Léon de Morel‑Fatio, Édouard Manet, Félix Ziem, Paul Signac, Albert Marquet, Mathurin Méheut ou encore Marin‑Marie. Outre la diversité des genres, du pittoresque au drame historique, le parcours s’intéresse aux relations entre art et pouvoir, à travers la façon dont le monde militaire marin et l’Histoire navale ont été représentés. Le public est invité à comprendre les liens, parfois complexes, entre la Marine et les artistes, l’évolution de leurs rôles, la singularité de leurs parcours et la variété de leurs statuts : peintres pour les mers du roi, peintres de la Marine du roi, puis peintres inscrits en 1830 sur la liste des officiers de la Marine (on dit aussi « sur l’Annuaire de la Marine »), avant la création d’un statut de peintres du département de la Marine en 1920, préfiguration du corps des Peintres communément appelés désormais Peintres officiels de la Marine (POM), sans oublier ceux qui ont travaillé autour des institutions militaires et artistiques. Parcours de l’exposition L’exposition suit une progression chrono-thématique et explore les enjeux historiques et esthétiques, selon les contextes politiques, militaires et académiques. Cette peinture de marine a connu des métamorphoses et des analyses critiques contrastées : cette expression hybride tributaire du paysage, à travers les influences nordiques et italiennes, conquiert une transcription de plus en plus sensible, impressionniste et imaginative de la mer. Elle se nourrit des codes de la peinture de bataille pour représenter les batailles navales historiques et modernes mais aussi de la rhétorique de la peinture savante qui mêle la fable et l’histoire, que ce soit pour des grands décors ou des portraits historiés. L’apogée du fait moderne après la Révolution française se retrouve ainsi dans les peintures de bataille navale classique, dans le sillage du génie de Joseph Vernet au XVIIIe siècle. La bataille navale n’est pas la seule catégorie du genre naval. Le portrait de navire, la vue de port ou d’arsenal et surtout la fête maritime constituent les autres registres de ce répertoire où la Marine est célébrée ou à travers lesquels elle promeut ses équipements ou sublime les limites et les échecs du fait naval. 1626 : l’essor de la Marine française au service du pouvoir L’exposition commence en octobre 1626, lorsque le roi Louis XIII octroie au cardinal de Richelieu, son principal ministre depuis deux ans, la charge de « Grand Maître, Chef et Surintendant général de la navigation et commerce de France ». Avant cette date, il n’existe pas de véritable corps de la marine de guerre. La création d'une Marine permanente devient nécessaire, à la fois pour renforcer les frontières maritimes du royaume, mais aussi pour participer à la maîtrise des mers et se hisser au rang des grandes puissances du temps, aux côtés des Provinces-Unies, de l'Espagne, l'Angleterre, Venise ou l'Empire ottoman. Subdidit oceanum « Il a vaincu l’océan » Au milieu de la guerre de Trente Ans, le siège de La Rochelle (septembre 1627 - octobre 1628), place de sûreté du parti protestant soutenue par les Anglais, constitue une victoire militaire et politique majeure d’une grande portée artistique. Louis XIII, qui a conduit ce siège avec le cardinal de Richelieu, confie à Jacques Callot, en 1629, des gravures sur l’attaque du fort de Saint-Martin-de-Ré et le siège de La Rochelle. De nombreux peintres français, flamands et hollandais, anonymes ou non, s’inspirent de ce travail : vues à vol d’oiseau, paysage de marine et bataille terrestre et navale. La magnificence de la puissance navale Après la victoire sur la Fronde et la mort du cardinal Mazarin, le jeune Louis XIV nomme Jean-Baptiste Colbert ministre, puis secrétaire d’État à la Marine en 1669, qui succède à l’intrépide duc de Beaufort. Colbert dote le royaume d’une puissante armée navale. L’Académie royale de peinture et de sculpture accueille des artistes chargés de représenter les hauts faits maritimes du roi. Premier peintre du roi « pour les mers », Matthijs Van Plattenberg, dit Matthieu de Plattemontagne, né à Anvers en 1608, rejoint l’Académie dès 1648. Suivront le génois Francesco Maria Borzone et le hollandais Jan Karel Donatus van Beecq dont les batailles navales ornent les maisons royales. Charles Le Brun et Pierre Mignard rivalisent dans le langage allégorique maritime pour les décors du Louvre et de Versailles. Remarqué par le cardinal Mazarin, Jean-Baptiste de La Rose porte en 1667 le titre de « maître peintre entretenu par le Roy ». Ses vues de ports allient paysage italien, activités portuaires et réalisme topographique. Son succès sur les chantiers navals de Toulon et Marseille s’étend auprès des collectionneurs comme le secrétaire d’État à la Marine Colbert de Seignelay. La Rose et son fils Pascal exécutent aussi des décors intérieurs de vaisseaux. Entre 1670 et 1680, cinquante-cinq peintres travaillent à l’arsenal de Toulon. L’esthétisation du fait naval est à son apogée. Pierre Puget et Jean Bérain fournissent des portraits de vaisseaux, notamment le Soleil royal, navire amiral qui participe à la victoire du Cap Béveziers sur les Anglo-hollandais en 1690 et connaît une fin tragique deux ans après. Un moment de perfection de l’art pour la Marine royale Les bénéfices de la paix sous la Régence et au début du règne de Louis XV, puis les revers de la flotte française lors de la guerre de Sept Ans, reportent l’attention sur les ports qui symbolisent l'expansion économique. Si la marine de guerre apparaît dans les morceaux de réception académique, chez Adrien Manglard comme chez Joseph Vernet, la vogue des points de vue depuis le rivage répond au goût des amateurs et des marchands. Ce siècle est autant celui d’un art unissant grand genre, vraisemblance et naturel que celui des sciences, notamment en matière de navigation. L’Académie royale de peinture et de sculpture accueille Vernet avec zèle. L’emblématique série des Ports de France de ce dernier, commandée en 1753 par Louis XV, met en image un rêve grandiose de prospérité et de puissance. Les suiveurs de Vernet tels que les frères Ozanne, ou encore Jean-François Hue, propagent l’art maritime et sont en faveur à la cour. La Marine et l’irruption de l’Histoire dans l’art La Révolution française ouvre un siècle passionné d’Histoire et d’actualité. Si la Marine révolutionnaire, puis impériale ne parvient pas à vaincre l’Angleterre, elle trouve dans la peinture de bataille navale le moyen de magnifier les actes de courage. Par le portrait, René Théodore Berthon célèbre le vice‑amiral Decrès, nommé ministre par Napoléon Ier, et Jean-François Millet décrit vers 1845 de manière naturaliste Aimable Gachot, lieutenant de vaisseau. Les héritiers de Vernet que sont Hue, Louis-Philippe Crépin et l’anversois Mathieu Ignace Van Brée mettent en scène la force navale de l’Empire. Sous la Restauration, le romantisme sombre de Théodore Géricault s’empare du naufrage de la Méduse et projette le Salon de 1819 en pleine mer. Les peintures de marine et d’histoire navale (Crépin, Pierre-Julien Gilbert, Ambroise Louis Garneray) se nourrissent de la référence à Vernet, régénérée par l’énergie romantique (Théodore Gudin, Eugène Isabey, Paul Huet) et l’influence anglaise (John Constable, Richard Parkes Bonington, William Turner) lors du Salon de 1824 qui présente le portrait du duc d’Angoulême, Grand Amiral de France, en généralissime de l’armée d’Espagne. Corsaire devenu « peintre pour les marines » de ce dernier, Garneray peint les côtes et ports de France, pour la gravure et leur diffusion. L’ancre et le pinceau sous le Second Empire et la IIIe République L’arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte, qui devient Napoléon III en 1852, favorise les innovations techniques et scientifiques en matière navale. Jean-Baptiste Durand‑Brager, élève d’Isabey, peint cette renaissance de la flotte à l’occasion de la guerre de Crimée. Son élève PierreÉmile de Crisenoy, à la suite de Morel-Fatio, devient en 1867 le deuxième et dernier peintre du ministère de la Marine sous le Second Empire. Les commandes de tableaux valorisent les expéditions coloniales à travers le monde. La peinture d’histoire ou contemporaine navale hérite d’une tradition de composition équilibrée, offrant une vue large du champ de la scène, une vraisemblance visuelle et une lisibilité des navires. Elle évolue vers le genre, le décoratif et l’histoire sociale, confrontée à la révolution réaliste (Gustave Courbet, Édouard Manet), naturaliste et impressionniste, par la force du sujet moderne. La peinture militaire, genre nouveau qui s’affirme après 1870, s’attache à la figure du marin. Le statut des peintres et la diversité des inspirations La transition de la peinture d’histoire navale vers la peinture militaire se manifeste chez Léon Couturier qui s’attache à la figure du marin. À l’apogée de sa carrière, Félix Ziem peint, sous le soleil de Toulon comme son ami François Nardi, la visite du président Émile Loubet aux escadres en 1901. Charles Fouqueray, peintre voyageur de marine et d’histoire, Lucien Simon et Eugène-Louis Gillot s’impliquent dans la communauté des peintres de la mer. La nomination de Paul Signac comme peintre de la Marine en 1915 marque l’infléchissement en faveur des tendances postimpressionnistes, cézaniennes, fauves (Albert Marquet) et cubistes (André Lhote). D’un Salon à l’autre : le processus de création du

Tags

paintingmaritime arthistory17th century18th century19th century20th century
View on Website
Back to Exhibitions

Explore More in Paris