
Le genre idéal
Mathieu Kleyebe Abonnenc, Jean-Michel Alberola, Alice Anderson, Boris Achour, Etel Adnan, Roy Adzak, Dove Allouche, Pierre Ardouvin, Bianca Argimón, Arman, Étienne Armandon, François Arnal, Kader Attia, Bertille Bak, Gilles Barbier, Éric Baudart, Valérie Belin, Frédéric Benrath, Carole Benzaken, Julien Berthier, Amélie Bertrand, Jean-Luc Blanc, Michel Blazy, Étienne Bossut, Halida Boughriet, Anne Brégeaut, Brognon Rollin, Elina Brotherus, Mark Brusse, Alain Bublex, Pierre Buraglio, Damien Cabanes, Stéphane Calais, Anthony Caro, Chantalpetit, Ali Cherri, Nina Childress, Kyungwoo Chun, Claude Closky, Philippe Cognée, Delphine Coindet, Pascale Consigny, Pascal Convert, François-Xavier Courrèges, Jean Crampilh-Broucaret (dit Jeannot), Olivier Debré, Anne Deguelle, Benjamin Demeyere, Mathilde Denize, Damien Deroubaix, Quentin Derouet, Daniel Dezeuze, Julien Discrit, Noël Dolla, Jacques Doucet, François Dufrêne, Éric Duyckaerts, Mimosa Echard, Erró, Sylvie Fanchon, Malachi Farrell, Jacques Faujour, Philippe Favier, Valérie Favre, Isabelle Ferreira, Nicolas Floc’h, Clara Fontaine, Estelle Fredet, Charles Fréger, Jakob Gautel, Ara Güler, Claire Hannicq, Laura Henno, Suzanne Husky, Neïla Czermak Ichti, Pierre Joseph, Michel Journiac, Valérie Jouve, Ladislas Kijno, Kimsooja, Jiří Kolář, Piotr Kowalski, Carlos Kusnir, Denis Laget, Laura Lamiel, Ange Leccia, Barbara et Michel Leisgen, Rainier Lericolais, Élodie Lesourd, Angelika Markul, Philippe Mayaux, Mathieu Mercier, Annette Messager, Olivier Millagou, Lahouari Mohammed Bakir, Jacques Monory, Roman Moriceau, Morvarid K, Jean-Luc Moulène, Netto, NIKOS, Jean-Christophe Norman, Antoinette Ohannessian, Vincent Olinet, ORLAN, Gina Pane, Lucien Pelen, Laurent Pernot, Bruno Perramant, Françoise Pétrovitch, Éric Poitevin, Daniel Pommereulle, Présence Panchounette, Ernest Pignon-Ernest, Laure Prouvost, Enrique Ramírez, Judit Reigl, Germaine Richier, Sarah Ritter, Gwen Rouvillois, Yvan Salomone, Antonio Saura, Alain Séchas, Antonio Seguí, Régis Sénèque, Bruno Serralongue, Société Réaliste, Vladimir Škoda, Anne Slacik, Daniel Spoerri, Peter Stämpfli, Nathalie Talec, Djamel Tatah, Tsuneko Taniuchi, Hervé Télémaque, Tatiana Trouvé, Barthélémy Toguo, Roland Topor, Patrick Tosani, Thu-Van Tran, Lena Vandrey, Agnès Varda, Claude Viallat, Oswaldo Vigas, Emmanuelle Villard, Jean-Luc Vilmouth, Catherine Viollet, Hugh Weiss, Sabine Weiss
MAC VAL - Val-de-Marne Contemporary Art Museum
Place de la Libération, Vitry-sur-Seine, IDF 94400
Tue–Sun 11am–6pm
Admission
Free Admission
No explicit admission fee for this exhibition mentioned on the page. General museum admission may apply.
About
« Le genre idéal » En principe, une tentative d’épuisement Du 21 mars 2025 à mars 2027 Chronique d’une exposition Les 20 ans du MAC VAL , un anniversaire visionnaire Il y a 20 ans, le MAC VAL ouvrait ses portes. L’anniversaire du musée représente l’occasion de confirmer la qualité d’un patrimoine, preuve d’une sédimentation experte et remarquable de plus de 40 ans d’acquisitions pour une collection unique. C’est aussi l’occasion de réaffirmer l’expression d’un musée renouvelé et ouvert sur l’avenir. Le nouvel accrochage est le résultat d’un large commissariat partagé : la sélection des œuvres offerte au regard du public a été conçue de façon inédite et collégiale avec l’ensemble des équipes du musée. Régulièrement réunis en ateliers, les propositions, choix, débats et sélections ont fusé, tempêté, réjouis et finalement été consentis. Les visiteuses et visiteurs auront donc la joie de découvrir ou de redécouvrir des œuvres symboliques de la collection. Le parcours se veut ainsi être un appel aux souvenirs, émotions et découvertes que toutes et tous avons pu partager en 20 ans de vie au MAC VAL . Née d’une politique départementale de soutien aux artistes mise en œuvre dès 1982, la collection du MAC VAL a pour singularité « l’art contemporain en France depuis les années 1950 ». La collection s’est dotée au fil des années d’un unique et fort caractère permettant la rencontre d’artistes incontournables et émergents. Cette dernière est présentée de façon renouvelée tous les 18 mois environ : une manière de redécouvrir les œuvres dans une thématique, un contexte et une approche actualisés. Au printemps 2025, le MAC VAL imagine un parcours consacré à la hiérarchie des genres et aborde cette vaste thématique à travers le prisme d’œuvres issues de la collection du musée. En 1667, l’historien de l’art André Félibien pose la hiérarchie des genres dans la préface de ses Conférences de l’Académie Royale de peinture et de sculpture. Il instruit les préceptes qui régiront la peinture académique et instaure par là même l’idée de genres nobles et de sous-genres où le sujet prime sur la maîtrise technique ou la facture. Le parcours « Le genre idéal. En principe, une tentative d’épuisement » aborde avec espièglerie chacun des cinq genres de cette hiérarchie : la peinture d’histoire, le portrait, la scène de genre, le paysage et la nature morte. L’exposition témoigne en ce sens de la survivance inconsciente de cette classification en art contemporain et déploie, tout médium confondu, un large ensemble de dessins, de photographies, de peintures, de sculptures et d’installations mixtes. Fidèle à sa vocation de soutien aux artistes et à la création, le parcours comprend également plusieurs œuvres tout récemment acquises. Afin de prendre le contre-pied de la classification telle que formulée par Félibien, l’exposition débute par le genre considéré comme mineur : la nature morte et se conclut par le « grand genre », la peinture d’histoire, effaçant ainsi toute notion de hiérarchie de genre, majeur ou mineur, primaire ou secondaire, noble ou trivial. Chaque expression devient un art éternel d’autrefois, de maintenant et d’après. Les travaux d’artistes des années 1950 à 2025 se côtoient et rendent compte de l’évolution des représentations. Chaque genre est alors transfiguré par des enjeux contemporains à travers une déclinaison où la nature morte devient « les biens », le paysage « les saisons », la scène de genre « les gestes », le portrait « les gens », et enfin la peinture d’histoire « les heures ». Une tentative donc de classer, à la manière « félibienne », les œuvres issues de la collection du MAC VAL , qui se transforme en une « tentative d’épuisement », comme celle initiée par Georges Perec qui, en flâneur immobile depuis la place Saint-Sulpice, décrit « le reste : ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. » Le Plancher de Jeannot Un chef d’œuvre d’art brut dans l’exposition « Le genre idéal » À la faveur d’une récente rotation au sein de l’exposition de la collection « Le genre idéal » et grâce à un dépôt exceptionnel du Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne ( MAHHSA ) à Paris, Le Plancher de Jeannot , une œuvre magistrale aussi fascinante que mystérieuse de Jean Crampilh-Broucaret (1939-1972) intègre la section Les heures , interprétation du genre de la peinture d’histoire. À l’occasion de la vente d’une propriété en Béarn, en 1994, une découverte de taille surgit : le plancher d’une chambre à l’étage, gravé et martelé par le jeune paysan Jean Crampilh-Broucaret (1939-1972), pris entre la souffrance mentale et la grande mélancolie d’un après-guerre d’Algérie, violenté par une famille rurale et religieuse, qui ira jusqu’à enterrer sa mère sous la cage d’escalier. Invention d’un texte entre ésotérique et intime, création d’une forme gravée originale et singulière, cette pièce traduit l’urgence de laisser un manifeste sans destinataire, dans un long enfermement qui sera également la dernière année de sa vie. « Et puis il y a cette chose qui reste, qui demeure, qui s’est fabriquée, à cause de cette vie, malgré cette vie, qui signe une sublimation d’autres penseront une psychose à l’œuvre. "L’art nous est donné pour nous empêcher de mourir de la vérité, écrit Nietzsche et le Plancher de Jeannot vient devant nous comme une œuvre magistrale ». Cynthia Fleury - Préface du catalogue Le Plancher de Jeannot, MAHHA , Infine 2004. Le Plancher de Jeannot n’a pas de réel équivalent, il pourrait figurer dans les grandes collections d’art brut toutefois il s’agit de réinscrire, par la seule force de sa présentation, dans l’histoire de l’art moderne et contemporain, l’art brut qui n’est pas assignable à une période donnée et qui est, ou qui participe (et de plus en plus), au métissage de l’art contemporain. En effet, à un moment de crises et de remises en cause des modèles dominants et des schémas établis, Le Plancher de Jeannot se pose comme un prédicateur muet, il met en garde contre les artefacts un peu trop lisses, les conclusions hâtives. Il force chacune et chacun à revenir sur ses pas, à se retourner sur un futur qui n’est pas promis et qui n’est plus un dû. Jean Crampilh-Broucaret n’est pas un artiste, il n’a réalisé qu’une seule « œuvre ». Il n’a pas de réel équivalent si ce n’est l’art anonyme des graffiti, le folklore des lieux interlopes si bien compris par Brassaï et Dubuffet ou alors l’affolement des écrits bruts. Le Plancher de Jeannot semble tout droit sorti du « cabinet logologique » ou plutôt logo-illogique qui fait du langage une forme. Il surprend par les relations qui s’établissent ou qui peuvent s’établir en amont et en aval de sa date de réalisation (1971-1972). Comme une œuvre venue des temps reculés, les questions sont plus nombreuses que les réponses ; le texte ainsi gravé par Jean Crampilh-Broucaret est dans une certaine manière apocalyptique dans le sens étymologique. C’est la transcription d’une révélation et de l’effarement que la compréhension peut produire avec sa part d’effroi et de fascination. Cela revient à intégrer dans l’accrochage blanc et neutral des musées d’art contemporain une autre forme de dimension affective pour ne pas dire une dimension pathique. Elle ne parle que de singularités, et, même si tous les mots sont lisibles et compréhensibles, Le plancher de Jeannot prend des airs de Pierre de Rosette qui, contrairement à son caractère testamentaire, n’a pas dit son dernier mot. », descriptionSource =