
Là où les êtres se rencontrent – Le monde recomposé
Dana Sereda

L-Asso
18 rue Henri Chevreau, Paris, Île-de-France 75020
Mon–Fri 3pm–7pm, Sat–Sun 2pm–6pm
Admission
Free Admission
About
Nous sommes ravis de présenter _**Là où les êtres se rencontrent — Le monde recomposé**_ de **Dana Sereda**, une exposition commissariée par Neli Dobreva. « Dana Sereda peint _un_ langage. Elle peint _comme_ langage. Sa peinture, _c'est_ un langage. Dans ses œuvres : une femme seule, debout, ou convexe, sur une colline, au bord d'un abime, dévorée, ou étouffée par des animaux et des plantes. Mais qui est-elle ? S'agit-il d'autoportraits, ou de recherches dans les entraves de la Terre, comme une _rematriation_ du lien à la Terre Mère ? Sa terre natale : un territoire revendiqué, piétiné, pillé ? Or, cette figure féminine est posée à égale valeur avec d'autres êtres. L'artiste recherche des _tissages-hybridations_ avec les animaux, les plantes, les irrigations cosmiques. Le serpent, la pomme, les oiseaux sont des figures d'_un_ langage dessiné, limité par les couleurs : composition évoquant la mue du serpent dans une sensibilité féminine, écho à l'amitié, à la trahison. Le serpent s'élève vers le ciel, mue, étouffe. Mais il y a _la langue,_ l'organe précurseur, qui prend la place d'une oratrice. Ce langage sont les couleurs. Sereda ne les mélange pas : elle crée des frontières naturelles dans son monde fantastique en permettant la mue d'une poésie radicalement intime. Les couleurs restent étanches, sans dégradé ni fusion, posées entre les états et les strates du sensible. Elles y deviennent un miroir intérieur autant qu'_un_ langage. Il n'y a pas, dans les œuvres, d'engagement implicite : Sereda tisse une histoire, la sienne, sans prétention à l'universel. Nul besoin que cela touche tout le monde, seulement ceux et celles qui en adopteront le langage. Sereda va au-delà d'une mise en _épistémè_ : elle crée une cosmogonie contemporaine de nos peurs, de nos rêves et du vivant. Animaux et êtres magiques y ont autant d'importance que l'humain. Ses peintures sont un monument à un monde magique et vivant dont l'humain a besoin. Humaines et plus-que-humaines, ses figures composites portent un message intime aux pratiques au féminin et font renaître la conscience de cohabitation entre les éléments. » Neli Dobreva, philosophe de l'art